Goutte à goutte… le trésor caché de la Maison Tavel

En 1992, l’Assemblée générale des Nations Unies a voté une résolution déclarant le 22 mars de chaque année Journée internationale de l’eau. Clin d’œil à cette action mondiale avec la découverte de la citerne de la Maison Tavel. Comment s’approvisionner en eau dans une ville construite sur une colline? La nappe phréatique n’est pas atteignable et les puits sont liés à des poches d’eau vite asséchées. Même à la rue du Puits-Saint-Pierre, la question s’est toujours posée pour les habitants de la Maison Tavel

En 1992, l’Assemblée générale des Nations Unies a voté une résolution déclarant le 22 mars de chaque année Journée internationale de l’eau. Clin d’œil à cette action mondiale avec la découverte de la citerne de la Maison Tavel. Comment s’approvisionner en eau dans une ville construite sur une colline? La nappe phréatique n’est pas atteignable et les puits sont liés à des poches d’eau vite asséchées. Même à la rue du Puits-Saint-Pierre, la question s’est toujours posée pour les habitants de la Maison Tavel

Quelques sources alimentaient des fontaines genevoises, mais ce n’est qu’avec la construction au début du XVIIIe siècle d’une machine hydraulique permettant d’approvisionner les fontaines de la ville haute avec l’eau du lac que le problème de l’approvisionnement a été partiellement résolu. Avant cela, pour pallier ce problème et s’assurer d’une ressource en eau permanente, les Calandrini, propriétaires de la Maison Tavel au XVIIe siècle, font construire une citerne monumentale. Son état de conservation parfait, remis au jour lors de fouilles du jardin de la maison dans les années 1980, en fait un exemple unique à Genève.

Conçue sur un plan circulaire de 3 mètres de rayon et haute de 6,70 mètres, elle est édifiée en maçonnerie recouverte d’un revêtement imperméable. Sa coupole en briques couverte de tuiles plates est surmontée d’une couronne de roche calcaire visible depuis le jardin de la maison. Des arcs rayonnants assurent le support de cette couronne. Pour l’approvisionner, un ingénieux système de filtration de l’eau de pluie avait été mis au point. L’eau ruisselant des toits était recueillie dans deux bassins de briques – aujourd’hui disparus –, situés en partie au niveau de la verrière. L’eau était filtrée une première fois par une couche de sable fin de 30 centimètres d’épaisseur. Elle s’écoulait ensuite de chacun des bassins à travers une crépine de bronze, le long d’un canal de tuiles courbes, jusqu’à la base de la calotte de la citerne où une nouvelle crépine arrêtait les dernières impuretés. La citerne, les bassins et les canaux, maçonnés et couverts de dalles de molasse, étaient protégés des infiltrations par une couche de glaise de 20 centimètres d’épaisseur.

L’accès à la citerne se fait aujourd’hui par un percement moderne à travers le mur de briques. Elle est généralement fermée au public, mais elle peut être visitée lors de différentes manifestations. Dans le cadre de La Bâtie – Festival de Genève 2012, c’est l’artiste Rudy Decelière qui a habité l’espace d’une installation sonore poétique, Autres Lieux. Formant d’un assemblage de monnaies-du-pape suspendues à la voûte, Decelière a joué avec l’espace sphérique de la citerne pour y insuffler ses vibrations particulières.

Installation sonore de Rudy Decelière au coeur de la citerne de la Maison Tavel en 2012

À l’occasion des Journées du Patrimoine, des conteurs ont également parfois investi cet espace clos et fait frissonner les visiteurs avec des légendes de puits, de souterrains et d’êtres maléfiques… La prochaine occasion de visiter cette citerne sera lors de la Nuit des musées 2014, le samedi 17 mai de 18h à 23h. L’espace sera alors investi par une installation du Mapping Festival, accueilli pour la première fois à la Maison Tavel.

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