La Femme à la jarretière de Ferdinand Hodler

L’un des trésors cachés du MAH

En 1887, Ferdinand Hodler a plusieurs projets en chantier. L’Avalanche, une peinture de paysage, l’occupe en janvier et sera sa contribution au concours Calame de la Société des beaux-arts de cette année. Au printemps, il s’attelle à une peinture d’histoire, Le Cortège des lutteurs (2e version), et, durant l’été, il se penche à nouveau sur un thème qui l’accompagnera toute sa vie: la vieillesse, la déchéance physique et morale, la résignation, la désillusion et la mort. Le Las de vivre (aujourd’hui au Kunstmuseum Winterthur), un tableau d’inspiration symboliste, en est le fruit.

L’un des trésors cachés du MAH

En 1887, Ferdinand Hodler a plusieurs projets en chantier. L’Avalanche, une peinture de paysage, l’occupe en janvier et sera sa contribution au concours Calame de la Société des beaux-arts de cette année. Au printemps, il s’attelle à une peinture d’histoire, Le Cortège des lutteurs (2e version), et, durant l’été, il se penche à nouveau sur un thème qui l’accompagnera toute sa vie: la vieillesse, la déchéance physique et morale, la résignation, la désillusion et la mort. Le Las de vivre (aujourd’hui au Kunstmuseum Winterthur), un tableau d’inspiration symboliste, en est le fruit.

Ferdinand Hodler La Femme à la jarretière, 1887 Huile sur toile, Achat, Inv. 1939-23
Ferdinand Hodler, La Femme à la jarretière, 1887
Huile sur toile, Achat, Inv. 1939-23

Sur le plan privé, sa compagne Augustine Dupin donne naissance à leur fils, Hector, le 1er octobre 1887. Sa nouvelle paternité ne l’empêchera pas de faire la connaissance de Bertha Stucki qu’il épouse en 1889 (pour en divorcer quelques mois après). Issue d’une famille aisée, la jeune femme est le modèle de Femme à la jarretière (vidéo explicative).
Contrastant fortement – tant par la forme que par le contenu – avec le mélancolique et résigné Las de vivre, ce tableau donne à voir une scène estivale, dans un sous-bois, baignée de lumière. La ligne, habituellement si dominante dans l’œuvre de Hodler, cède ici le pas à la couleur. Et ces couleurs sont vives et franches, le blanc de la robe est mis en valeurs par la variété des verts du feuillage. Il s’en dégage une atmosphère de légèreté et d’insouciance qui est soulignée par le geste séducteur de la jeune femme. Dépourvu d’un message symbolique ou social quelconque, ce tableau présente simplement un moment de bonheur dans un cadre naturel.

Fig.3: Max Liebermann Terrasse du Restaurant Jacob à Nienstedten au bord de l’Elbe, 1902 Huile sur toile Hamburger Kunsthalle
Fig.3: Max Liebermann, Terrasse du Restaurant Jacob à Nienstedten au bord de l’Elbe, 1902
Huile sur toile, Hamburger Kunsthalle

Le jeu des lumières sur le sol et dans le feuillage n’est pas sans faire penser aux œuvres de la dernière période de Max Liebermann, que l’on avait coutume d’appeler «l’impressionniste allemand» et qui aimait peindre la société oisive dans les parcs et jardins ensoleillés de Berlin dès 1900 (fig. 3).

Fig.1: Ferdinand Hodler Portrait de Louis S. Günzburger-Malan, 1904 Huile sur toile. Collection privée
Fig.1: Ferdinand Hodler, Portrait de Louis S. Günzburger-Malan, 1904
Huile sur toile. Collection privée

Ce tableau a appartenu à Louis S. Günzburger (fig. 1), un ami genevois de Hodler et un de ses premiers clients. Günzburger collectionne des peintres suisses – Cuno Amiet, Max Buri, Giovanni Giacometti – mais avant tout des œuvres de Hodler. En 1913, il vend sa collection aux enchères à la galerie Hugo Helbing à Munich, dans une vente qui suscite beaucoup d’intérêt. Un autre amateur suisse de Hodler, Willy Russ-Young (fig. 2), fils du fabricant des chocolats Suchard y fait l’acquisition, entre autres, de La Femme à la jarretière. Il la cèdera au MAH en 1939.

Fig.2: Ferdinand Hodler Portrait de Willy Russ-Young, 1911 Huile sur toile Musée d’art et d’histoire, Neuchâtel
Fig.2: Ferdinand Hodler, Portrait de Willy Russ-Young, 1911
Huile sur toile, Musée d’art et d’histoire, Neuchâtel

 

One thought on “La Femme à la jarretière de Ferdinand Hodler

  1. Bonjour Madame Monti,

    Un excellent article ou j’ai eu le plaisir de découvrir des toiles que je ne connaissais pas. J’espère qu’un jour j’aurai le plaisir de voir par mes propres yeux « la femme à la jarretière ». Par un pur hasard je suis tombé sur votre article et j’espère voir d’autres trésors dans le futur à travers votre blog.

    Meilleures salutations.

    German Garcia

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