Le MAH, lieu d’apprentissage du français

Quand les œuvres inspirent des groupes de discussions

Ces visites ne sont pas traditionnelles car la médiatrice ne tient pas son rôle habituel de commentatrice. Chacune d’elle est organisée en quatre étapes: un premier temps libre où les participants découvrent l’espace; un deuxième temps où la médiatrice introduit la salle; un troisième temps durant lequel, seuls ou en petits groupes, les visiteurs choisissent une oeuvre ou plusieurs objets qui les font réagir. Les pièces qu’ils présentent à leurs pairs lors du dernier temps deviennent ainsi le support de l’exercice d’expression orale. L’occasion d’enrichir son vocabulaire, de s’exprimer en public et de partager une émotion ou l’objet de sa curiosité…

Quand les œuvres inspirent des groupes de discussions

Et si le musée était un lieu où venir parler? Et si ses œuvres étaient l’occasion de rencontres entre gens de différentes cultures et provenances? Et si ses collections devenaient un outil d’intégration et d’apprentissage du français? C’est à partir de ces idées qu’est né le projet de collaboration entre le MAH et l’Université ouvrière de Genève. En effet, cette institution propose depuis longtemps des cours de français aux nouveaux arrivants à Genève, un enseignement dont l’objectif est de «faciliter l’intégration. […] Les activités et échanges proposés lors et en dehors des cours favorisent la création de liens et la constitution d’un réseau.»

Après des expériences menées au Musée d’art moderne et contemporain (MAMCO) et le Musée d’ethnographie (MEG), les groupes ont cette année été accueillis aux Musées d’art et d’histoire. Dans un premier temps, les enseignants bénévoles de ces cours avaient été invités à redécouvrir nos différents sites, le Musée d’art et d’histoire et la Maison Tavel, en compagnie d’un médiateur avant de revenir avec leurs groupes d’apprenants tout au long de l’année.

« Nos ancêtres les Gaulois…»

Au Musée d’art et d’histoire, lors d’une première approche, le choix s’est ainsi porté sur une visite peu commune: la salle d’archéologie régionale. Installée dans les sous-sols et souvent méconnue du public, elle permet d’aborder une collection spécifique au musée, celle du passé local allant du Paléolithique au début du Moyen Âge, avec des objets très évocateurs tant en matière de vie quotidienne que d’histoire de Genève et de sa région.
Encadrés par une médiatrice, les accompagnants genevois découvraient leur propre passé tandis que les apprenants, migrants, faisaient le lien avec leurs cultures d’origine. Des discussions passionnantes ont émergé au fur et à mesure qu’apparaissaient analogies – les vases néolithiques de chez nous sont, par exemple, très semblables à tant d’autres provenant d’ailleurs – et différences. Le peu d’or que recèlent nos collections antiques a ainsi provoqué l’hilarité chez une participante mexicaine, alors que les bracelets romains en argent, dont les motifs existent encore aujourd’hui, ont suscité l’admiration d’observatrices marocaines.

A la découverte de la salle d'archéologie régionale ©MAH, photo: M. Sommer
A la découverte de la salle d’archéologie régionale ©MAH, photo: M. Sommer

On découvre, on choisit, on discute…

Ces visites ne sont pas traditionnelles car la médiatrice ne tient pas son rôle habituel de commentatrice. Chacune d’elle est organisée en quatre étapes: un premier temps libre où les participants découvrent l’espace; un deuxième temps où la médiatrice introduit la salle; un troisième temps durant lequel, seuls ou en petits groupes, les visiteurs choisissent une oeuvre ou plusieurs objets qui les font réagir. Les pièces qu’ils présentent à leurs pairs lors du dernier temps deviennent ainsi le support de l’exercice d’expression orale. L’occasion d’enrichir son vocabulaire, de s’exprimer en public et de partager une émotion ou l’objet de sa curiosité…

Des visiteurs à la Maison Tavel ©MAH
Des visiteurs à la Maison Tavel ©MAH, photo: M. Sommer

Chez de vieux Genevois…

Ce projet s’est poursuivi à la Maison Tavel au printemps 2016. Dans ce riche lieu de l’histoire genevoise, l’accent a été mis sur la découverte de quelques figures locales, parmi lesquelles la famille Tavel ou la célèbre mère Royaume, ainsi que sur la géographie urbaine autour des maquettes et des images de la ville au fil du temps. Susciter l’envie de découvrir les lieux et d’y revenir en famille et avec ses amis, et de s’y sentir à l’aise et bienvenu, est au cœur des objectifs de ces visites. Le seul trajet pour arriver à Tavel a déjà permis d’appréhender un quartier de la ville que peu d’entre eux connaissaient.

Une expérience qui se poursuit…

Pour l’année scolaire 2016-17, de nouveaux projets se font jour: l’accueil dans d’autres collections du musée et dans certaines expositions temporaires, et l’approfondissement de la démarche avec certains groupes en proposant plusieurs visites. Et toujours, ce souhait de faire des musées des lieux de vie, dans lesquels on regarde, évidemment, on écoute,  éventuellement, mais aussi où l’on discute!

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