Visiter l’exposition Ferveurs médiévales permet une véritable plongée dans le passé. En revenant 600 ans en arrière, en 1413, on redécouvre Genève, la Maison Tavel et la vie de ses habitants au Moyen Âge. En prolongement de l’étude de cette période en classe, c’est l’occasion de rencontrer ce monde si proche et si lointain à la fois.
La Maison Tavel, petit château du Moyen Âge
Plus ancienne maison de Genève – sa reconstruction après incendie date de 1334 – et témoin rare de l’architecture civile du Moyen Âge, la Maison Tavel se présente comme un petit château urbain avec des têtes de rois, de princesses et de monstres qui accueillent les curieux. Une tour et des meurtrières en façade, puis, à l’intérieur, des vitrines avec épées et casques permettent de se mettre dans l’ambiance. Au premier sous-sol, un passage par les impressionnantes caves romanes voutées en pierre parfait l’expérience et plonge définitivement les visiteurs dans une autre époque. On découvre les armoiries de Genève et leur célèbre clé que l’on retrouvera par la suite dans l’exposition…
Au cœur de la ferveur médiévale
C’est alors que la visite de l’exposition peut commencer, là, au deuxième sous-sol. Un escalier de pierre permet de lier la cave médiévale et les caves modernes et d’accéder à l’espace d’exploration. La présentation s’ouvre sur un manuscrit enluminé, celui de la légende dorée de Jacques de Voragine dans une version de 1402. Ce texte, d’une incroyable richesse, est un véritable best-seller médiéval dont les récits – que vous pouvez lire en classe en préparation à la visite – sont les supports qui ont permis à l’art des sculpteurs, orfèvres et autres artisans, de s’épanouir. Découvrir un manuscrit «en vrai» est fascinant pour les élèves qui admirent la régularité de l’écriture, les lignes tracées par le copiste et les enluminures qui les ornent.
Dans la salle principale sont présentées des œuvres qui ornaient les églises au Moyen Âge. En effet, chaque église ou chapelle devait présenter sur son autel une statue de la sainte ou du saint auquel elle était dédiée. Statue seule ou retable à volets, ce support de culte permettait à tout un chacun de communiquer avec le saint et d’espérer sa protection. Car les saintes et les saints faisaient partie de la vie des croyants et étaient invoqués à tout moment de la journée. On invoquait le saint du lieu, mais aussi le saint patron d’un métier ou d’une cause, ou encore le saint portant le même nom que soi pour qu’il protège et aide le fidèle.
À chaque saint son attribut
Au sein de l’exposition, c’est d’abord saint Pierre, patron de la ville, de la cathédrale et du diocèse, qui est mis à l’honneur. On en a gardé le souvenir dans le nom que l’on donne encore aujourd’hui à la cathédrale et ses clés ornent toujours les armoiries genevoises. Un reliquaire permet aussi d’aborder le culte des reliques et les formes qu’il a pu prendre au Moyen Âge.

Les autres saints évoqués sont des saintes. Présentées les unes à côté des autres, on repère facilement les éléments qui les différencient: chaque femme porte un «attribut», soit un objet lié à son histoire qui permet de la reconnaître. Marie-Madeleine, qui fut disciple du Christ et témoin de sa résurrection, porte son pot à aromates. Avec Marguerite, c’est de légendes et de dragon dont il est question puisqu’elle en vainquit un qui devint son attribut. Barbe, de son côté, enfermée par son père dans une tour, rappelle des contes traditionnels dans une version chrétienne et martyre. L’histoire de Catherine devant passer au supplice de la roue dentée – son attribut – et sauvée in extremis par un ange foudroyant est, elle, évoquée par un exceptionnel panneau peint par Jacquelin de Montluçon dans lequel c’est toute l’énergie et la force de l’art médiéval qui résonnent.
Décoder l’art médiéval
L’exposition dévoile ainsi les attributs qui permettent de reconnaître ces saints et de s’initier au décodage de l’art médiéval et, par extension, de l’art occidental. Ces éléments de lecture, évidents pour le fidèle d’alors, demandent aujourd’hui une explication pour être compris. La disparition du culte des saints qui a accompagné la Réforme à Genève a d’autant plus contribué à cette méconnaissance – bien moindre chez les élèves visitant le volet de l’exposition à Sion par exemple.
Un parcours-découverte destiné aux familles est à disposition dans l’exposition et peut servir de support ou suggérer des activités à découvrir avec les élèves.