Acquisitions: des montres créées pour l’empire du Milieu

La Chine, un marché clé pour l’horlogerie suisse

Les relations entre l’horlogerie occidentale et l’empire du Milieu, initiées depuis la fin du XVIIe siècle, offrent un riche sujet d’étude. Le patrimoine l’illustre avec des œuvres typées qui traduisent les influences de styles, les emprunts et les codes, lesquels s’inscrivent dans le champ culturel, avec des différences de perception du temps tributaires des mentalités.

La Chine, un marché clé pour l’horlogerie suisse

Les relations entre l’horlogerie occidentale et l’empire du Milieu, initiées depuis la fin du XVIIe siècle, offrent un riche sujet d’étude. Le patrimoine l’illustre avec des œuvres typées qui traduisent les influences de styles, les emprunts et les codes, lesquels s’inscrivent dans le champ culturel, avec des différences de perception du temps tributaires des mentalités.

Belt Buckle_H 2016-121_ca 1798- photo Christies
Boucle de ceinture ovale, pour le marché chinois, v. 1798, Suisse (?) / Londres (?)
Laiton doré et argent, émail translucide bleu, sertissage de pierres à l’imitation de diamants et de rubis, entourage de perles, L. 7,7 ; H. 6,05; Ép. 2,2 cm ©MAH, inv. H 2016-121

Aujourd’hui, la Chine est l’un des marchés les plus importants pour les horlogers suisses. Or, les montres anglaises et suisses ont d’abord été des curiosités, puis des cadeaux de prestige, avant de devenir – seulement au milieu du XIXe siècle – des objets utilitaires. Aussi l’Orient, dont le potentiel commercial est connu, offre-t-il les avantages d’un débouché alors émergent, sensible à la richesse décorative des produits de la Fabrique de Genève. Les boîtiers sont ornés de pierres de couleurs ou de décors émaillés sous fondant, cernés de rangs de perles. Les émailleurs développent une palette colorée et des codes stylistiques propres aux préférences locales: goût pour la symétrie et pour la paire – symbole d’intégrité – flatté par les artisans qui réalisent des pièces jumelles au décor  inversé.

William Anthony, montre de poche, dite «chinoise», 1790
Boite en or 18 carats, décors de diamants et demi perles, cadran émail blanc, aiguilles en or, Diam. 6,4 cm ©MAH, photo : B. Jacot-Descombes, inv. H 2016-0336

Entre 1800 et 1840, les horlogers du Val-de-Travers (Bovet, Juvet…) participent à leur tour à l’essor du commerce horloger avec la Chine en s’installant à Canton: ils adoptent le calibre de l’anglais W. Illbery, dont les ponts gravés sont mis en valeur par un fond transparent. Grâce à plusieurs acquisitions récentes, le Musée d’art et d’histoire reflète avec davantage de diversité l’âge d’or de la somptueuse montre dite chinoise, entre la fin du XVIIIe et le milieu du XIXe siècle.

 

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