Un happening ne se refuse pas

Nous avons tous fait une fois un bonhomme de neige. Cette expérience inoubliable sommeille en chacun de nous. Une chute de neige exceptionnelle, comme celle du 11 février, a réveillé le démon de la création chez un professeur d’art plastique qui passait devant la façade éteinte du Musée d’art et d’histoire, fermé le lundi comme la plupart des musées du monde. Le vide de l’escalier a appelé dans son esprit une forme. Ni une ni deux, il roule la matière de son œuvre sur la plus haute marche, comme une avalanche qui aurait perdu le sens de la gravité.

Nous avons tous fait une fois un bonhomme de neige. Cette expérience inoubliable sommeille en chacun de nous. Une chute de neige exceptionnelle, comme celle du 11 février, a réveillé le démon de la création chez un professeur d’art plastique qui passait devant la façade éteinte du Musée d’art et d’histoire, fermé le lundi comme la plupart des musées du monde. Le vide de l’escalier a appelé dans son esprit une forme. Ni une ni deux, il roule la matière de son œuvre sur la plus haute marche, comme une avalanche qui aurait perdu le sens de la gravité.

Le cylindre de neige devant l’entrée est gros comme un pneu de tracteur. «Je retrouve la spirale qui est dans le bloc.» L’artiste se met à en faire ressortir la forme, plongé dans sa sphère créative, imperméable aux craintes que son acte, qui porte atteinte à la sainte routine, cause chez certains membres du personnel veillant avec zèle sur la sécurité du musée. «Peu importe le temps que ma sculpture va durer, la spirale est l’image du temps. Pourvu que j’arrive à la terminer.»

Une spirale de neige sur les marches du musée. © MAH, photo: F. Bevilacqua

Il a accepté de bonne grâce de poser pour nous et nous autorise à diffuser l’image; son nom? Non! il ne nous le dira pas, car l’œuvre doit rester le plus possible anonyme, fondue à la nature particulière de la journée.

Les gens s’arrêtent. Des passants, frappés par l’insolite, prennent peut-être conscience pour la première fois du musée, devant lequel ils passent tous les jours sans le voir.
Reviendront-ils un jour d’ouverture, un jour banal, sans neige ni sculpture (elle était pourtant bien belle)? C’est à l’intérieur qu’ils trouveront alors de quoi s’émerveiller.

L’artiste peaufine son œuvre. © MAH, photo: F. Bevilacqua

La sculpture a été portée à son terme, et elle a su imposer le respect. Les droits de l’art sont saufs. Un happening ne se refuse pas.

 

One thought on “Un happening ne se refuse pas

  1. Chapeau bas pour cette magnifique sculpture. Je suis surpris par la finesse de la spirale.
    Je ne suis pas sculpteur, mais je sais que la neige est relativement cassante et friable donc l’exercice semble délicat !

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